Le point sur Microsoft Internet Explorer et ses problèmes de sécurité, ou comment limiter drastiquement les risques de virus, intrusions et compromissions de données en utilisant des logiciels libres
Les multiples trous de sécurité d'Internet Explorer trouvés ces dernièrs mois amènent beaucoup de responsables de la sécurité ou des systèmes d'information à repenser leur politique de déploiement de navigateurs en entreprise. Le présent article a pour objectif d'éclairer leur démarche dans la sécurisation du système d'information sur le composant qui est probablement le plus vulnérable : le navigateur, dont Microsoft est quasiment le fournisseur exclusif, avec des parts de marché qui avoisinent les 90%.
Quelques faits récents démontrent la réalité et l'étendue des problèmes d'insécurité d'Internet Explorer :
Ce bogue dans Internet Explorer (versions 5, 5.5 et 6, tous systèmes confondus) permet à un site malveillant d'afficher ce qu'il veut dans la barre d'adresse. Un site malveillant, en reprenant l'apparence d'un site ordinaire (site bancaire par exemple) et en affichant l'adresse du site qu'il imite, peut amener les utilisateurs à saisir des informations confidentielles (mots de passe, identifiants), pour ensuite les utiliser comme bon lui semble. À titre de démonstration, un plaisantin s'est amusé à faire croire que Microsoft recommandait l'utilisation du navigateur libre Mozilla à la place d'Internet Explorer (voir la copie d'écran).
Voici un historique des faits :
Ce
trou de sécurité
,
encore non corrigé, fait qu'un logiciel malveillant peut apparaître comme
dossier tout à fait anodin dans Windows XP. Du fait de cette apparence,
l'utilisateur peut être amené à double-cliquer dessus pour ouvrir ce qu'il
croit être un dossier, alors qu'il lance en fait un installeur de porte dérobée (backdoor), cheval de Troie, ou virus.
Les utilisateurs du système d'exploitation Microsoft Windows les mieux
informés savent qu'il est potentiellement dangereux de télécharger certains
types de fichiers. Ils s'abstiennent donc de télécharger des exécutables
(par exemple des fichiers avec l'extension EXE ou PIF), qui peuvent
contenir des virus, des chevaux de Troie ou d'autres programmes dangereux.
Des fichiers de type texte (par exemple avec l'extension TXT) ou PDF sont
normalement inoffensifs. Mais ce
trou de sécurité
d'Internet Explorer permet de faire passer des fichiers exécutables pour des PDF et
des TXT, qui seront exécutés automatiquement après téléchargement. De tels
logiciels donnent tous les pouvoirs à des personnes malveillantes, comme
par exemple la prise de contrôle à distance ou l'envoi de fichiers
sensibles à l'extérieur de l'entreprise, la récupération illicite des mots de passe de
messagerie ou de différents systèmes.
Les trous de sécurité d'Internet Explorer deviennent plus critiques si ce dernier est utilisé conjointement avec le logiciel de messagerie Outlook Express. Ces deux logiciels agissent en effet avec une automatisation et une intégration très forte qui en fait la plateforme de réception et de propagation de virus idéale pour du code malveillant.
Il faut savoir qu'historiquement, Microsoft a toujours sacrifié la
sécurité à la simplicité d'utilisation, en vue de conquérir plus de parts
de marché et faire disparaître Netscape et les autres concurrents.
Aujourd'hui, cela se ressent toujours dans les produits, et de nouveaux
trous de sécurité sont trouvés très fréquemment. L'utilisation de la
technologie ActiveX est à ce titre révélateur. Un ActiveX, une fois chargé
en mémoire, a tout pouvoir sur la machine de l'utilisateur. Par opposition,
une Applet Java s'exécute dans une « sandbox », une zone dont les droits sont
très limités (impossible de lire ou écrire sur le disque dur de la machine,
à moins que l'utilisateur ne donne explicitement les droits).
Par ailleurs, l'intégration d'Internet Explorer au sein du système
d'exploitation pose de graves problèmes de sécurité, comme l'indique par
exemple ce
trou de sécurité qui fait que double-cliquer sur un dossier sous Windows XP
peut lancer un programme malveillant. (Voir une description plus précise
dans la section 3.2)
Des trous de sécurité sont régulièrement découverts dans Internet Explorer. Il faut savoir que tous les logiciels sont susceptibles de connaître de tels trous de sécurité. Trois critères sont importants pour évaluer le danger :
Voici une liste partielle des trous de sécurité trouvés depuis fin 2002 : http://secunia.com/advisories/10736/?show_all_related=1#related. On constate à quel point ces trous arrivent fréquemment.
En ce qui concerne la réaction de Microsoft, même depuis l'annonce début 2002 que la sécurité était la première des priorités, cela n'a pas vraiment changé. La preuve en est que même avec les toutes dernières rustines installées (ce que peu de personnes font), il reste encore une vingtaine de trous de sécurité, qui sont listés ici : http://www.safecenter.net/UMBRELLAWEBV4/ie_unpatched/index.html.
Pour toutes les raisons expliquées précédemment, l'utilisation d'Internet Explorer pour Windows crée des faiblesses critiques dans la sécurité des infrastructures où ce logiciel est déployé.
Malgré ses déclarations, Microsoft ne semble guère prédisposé à agir efficacement pour sécuriser ce logiciel qui ne lui rapporte pas de revenus. À la décharge de Microsoft, il est très difficile de corriger le fonctionnement d'un logiciel mal conçu dès le départ et utilisé dans un nombre quasiment infini de configurations avec lesquelles il faut maintenir une compatibilité. On peut considérer que sécuriser correctement Internet Explorer pour les infrastructures existantes est impossible, de la même façon qu'on ne peut pas consolider un immeuble dont les fondations sont sous-dimensionnées ou construit sur un terrain instable. De plus, l'intégration d'Internet Explorer dans le système d'exploitation ne fait que renforcer cet état de fait, comme le démontre le point 3.2.
Même une politique de mise à jour extrêmement stricte et une sérieuse gestion de la sécurité périphérique (notamment avec des pare-feux) laisse plusieurs occasions de subir de graves dommages.
Copyright AFUL 1998-2005 sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike
| +33 (0)1 76 71 06 60 - © wenjy 2005 - 2010 |
| Nos partenaires : Agence Revolutions (web design) - Pack Garage (service en ligne) - Dalett (Stratégies et développement) |